Jeunes mamans au service des mamans

L’une vient d’avoir son cinquième enfant, l’autre le mettra au monde dans une semaine : Ophélie et Delphine, jeunes mamans de 33 et 35 ans, collaborent depuis plus d’un an au sein de l’équipe de bénévoles laïcs du Foyer El Paso.

 

Ensemble, elles ont livré leur témoignage à Notre-Dame de Paris le 27 mai 2010.

 

Ophélie : le foyer " El Paso ", qui signifie en français " le Passage ", a été ouvert au début du printemps de 2010, pour accueillir des femmes enceintes majeures en difficulté matérielle et morale. Ce foyer est une des réponses que nous proposons à ces femmes pour les aider à garder leur enfant, en leur donnant les meilleures conditions pour l’accueillir, et leur offrir une alternative à l’avortement. Il a pour vocation d’accueillir la femme dès le début de sa grossesse, à la différence de nombreux centres maternels qui ne les accueillent qu’à partir du 5ème mois de grossesse.

 

Le foyer est situé à Neuilly, chez les sœurs de la Charité de St Vincent de Paul. Elles répondent ainsi par leur accueil à un désir profond exprimé par leur fondateur : "Vous avez une vocation qui vous oblige à assister indifféremment toutes sortes de personnes, hommes, femmes et enfants, et généralement tous les pauvres qui ont besoin de vous." Saint Vincent de Paul voit réellement Jésus dans tout pauvre et les pauvres dans le Christ : "Ce que vous avez fait au plus petit des miens, c’est à moi que vous l’avez fait" (Mt 25, 40).

 

Pour nous, ce foyer revêt plusieurs significations concrètes et symboliques :

  • le passage de la situation de jeune femme à celle de mère,
  • le passage de l’isolement à l’ouverture à la vie,
  • le passage de la détresse à la joie,
  • le passage, lieu d’accueil temporaire où l’on ne reste pas, mais l’on apprend à partir plus loin...

Delphine : Felitzia, Carmen, Eva, Laura, Armelle, Diana, et d’autres, ont déjà fait appel au foyer : elles sont seules, délaissées par leur conjoint à l’annonce de la grossesse, et n’ont pas d’endroit où aller vivre et confier leur détresse, car pour la plupart elles n’ont pas souhaité cet enfant, ou en tous cas, pas dans ces conditions. L’annonce d’une grossesse non souhaitée, la rupture avec la famille, l’absence de ressources et le dénuement quotidien sont les difficultés communes à toutes ces femmes. La vocation du foyer est de donner une réponse même temporaire aux futures mères, afin qu’elles ne demeurent pas seules face à leurs angoisses.

 

Nous souhaitons, par cet accueil de quelques mois, leur permettre de régler certaines de leurs difficultés. C’est pourquoi, nous, équipe de laïcs professionnels et bénévoles, collaborons avec les Filles de la Charité, afin d’accompagner ces jeunes femmes, en les aidant à trouver de nouveaux repères pour l’avenir.

 

Ophélie : Ce passage dans un lieu stable et chaleureux leur permet de prendre du recul face à la situation qu’elles vivent, de poser peu à peu un regard positif sur leur maternité, sur leur vocation de femme et de mère. Elles pourront ainsi élaborer un véritable projet de vie dans lequel leur enfant devient une chance et une espérance sur leur chemin. Nous les aidons aussi à préparer leur avenir plus sereinement et à trouver éventuellement un emploi et un logement, en collaboration avec les services sociaux.

 

Nous avons déjà connu certaines difficultés depuis que des femmes viennent au foyer : plusieurs d’entres elles rencontrées en entretien, n’ont pas donné suite, soit parce qu’elles ont finalement fait le choix de l’avortement, soit qu’elles ont perdu leur bébé, ou trouvé une autre solution de logement, parfois sans raison. Nous sommes confrontés au cas de femmes en situations clandestines dont les dossiers administratifs et sociaux sont complexes à démêler. Finalement, d’une femme à l’autre les choses ne correspondent pas toujours au scénario que nous avions imaginé lors de l’élaboration du projet, et sont autant de défis à relever !

 

Delphine : D’autres projets sont en préparation pour promouvoir l’évangile de la vie et le mettre en pratique. Nous lancerons un temps de préparation et d’accompagnement spirituel à la naissance comme il est déjà proposé dans certaines maternités. Par ailleurs, à l’exemple de plusieurs centres d’accompagnement post-IVG, il nous semble bon de mettre en place un lieu d’écoute pour les femmes ayant eu recours à l’avortement. Parce que c’est un drame et que l’Eglise doit être présente, là aussi. Pour le moment, le foyer " El Paso " vit grâce à la générosité de ses donateurs et ne reçoit aucune subvention de l’Etat.